Rando du 23-24 mars 2013

Jacinthe nous a réservé le refuge Clearwater, réputé comme le plus beau du territoire de la ZEC.

Niché dans la vallée du ruisseau Clearwater entre le mont Gosford et Cap Frontière, c’est à lui qu'appartient cette toiture qu’on peut voir du sommet par une journée dégagée.

Préparatifs

Dame Nature a participé aux préparatifs avec sa "bordée des corneilles" les 19 et 20 mars : quelques 40 cm ont transformé le paysage en terrain de jeu incomparablement féérique.

Lucie, dans son appartement de Montréal, a vraisemblablement parfumé tout le bloc pendant quelques nuits : elle a cuisiné son pain farci, du gâteau, du pain aux canneberges… toute une corne d’abondance sortait de ses bagages. Heureusement Jacinthe avait aussi réservé le transport des bagages et de l’eau potable!

Le départ et la montée

depart

Nous étions neuf "gais lurons et gaies luronnes" au départ samedi matin vers 10h15. François, en manque de sommeil, a choisi de se faire transporter avec nos bagages. Berto et Vincent ont mis les "Altaiski" et Pierre, Jacinthe, Suzie, Lucie, Bernard et moi-même, nous étions en raquettes.

Nous avons longé la rivière Arnold sur le tronçon principal des SF (1.7 km) pour ensuite emprunter le sentier bleu qui monte la face nord du Gosford (5,4 km). Le sentier était déjà tapé, mais la montée demeure exigeante par son dénivelé soutenu et parfois assez abrupt. Les talons hauts de certaines raquettes, Ginette, étaient bien appréciés!

Et la forêt toute de blanc vêtue invitait à la contemplation et l’émerveillement à chaque tournure du sentier.

Nous avons rencontré plusieurs randonneurs, notamment un groupe de la station de recherche Agriculture Canada à Lennoxville qui initiait leur collègue stagiaire brésilien aux plaisirs de l’hiver québécois. Admettons que la raquette s’apparente peu au soccer!

Le sommet et la descente

Peu avant le sommet nous avons fait pause (encore une!) pour nous habiller plus chaudement, sachant que le sommet est exposé et venteux, pour ne pas dire hostile. Nous l’avons atteint (0,3 km) ver 14h30 : avec ses cailloux exposés au vent et sa tour d’observation perdue dans les nuages, il n’invitait pas à flâner!

Nous avons poursuivi en direction du Petit Gosford sur le tronçon principal (1,8 km). Ce segment était enterré au point de chercher les balises à la hauteur de nos genoux au lieu que sept pieds dans les airs! C’était euphorisant, ce paysage transformé, cette abondance de neige folle ou personne n’avait encore mis pied !

Dans la vallée du ruisseau Clearwater nous avons emprunté la ‘trail’ de ski-doo (1,5 km) pour rejoindre le refuge.

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La veillée

Quel plaisir de se rendre à destination : refuge tout chaud, bois déjà rentré, sentier aux bécosses déjà pelleté …grâce à François!

Le refuge est simple et bien, avec un espace pratique pour les bagages, amplement de hauteur pour se tenir debout sous la mezzanine et des matelas sur les plateformes de dodo.

Berto a aménagé une deuxième corde à linge pour faire sécher nos pelures variées et admettons, elle a été bien utile!

Et que dire de la grande table pour le-festin-sans-fin? Le clou du menu? Une betterave au four, cuite dans un papier aluminium dans la porte-poussière sur la braise! Cordon bleu du Clearwater – même si le civet de lièvre est demeuré sur ses quatre pattes!

La veillée s’est complétée avec un match de scrabble à la chandelle, avec Jacinthe comme coach ambulante, Suzie et Pierre comme juristes (en absence de dictionnaire) et Vincent couronné comme champion.

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Le dimanche

Le dimanche a décollé assez langoureusement avec nos cafés, fruits, gruaux, et petits rituels. Il fallait faire nos bagages et passer le balai. Nous avons décollé vers 9h30.

À l’intersection du chemin forestier et de la rouge (1,5 km), quelques-uns sont retournés par le sentier de la veille (9,2 km). D’autres se sont aventurés vers la frontière (1,6 km), avec un crochet aller-retour à Cap Frontière (1,2 km sur la bleu) sur une piste battue par des ski-doos. Ce groupe est ensuite descendu de la frontière (1,6 km) pour ensuite reprendre le parcours de la veille (Petit Gosford, Gosford et descente par la bleu et la rouge jusqu’à l’accueil, 9,2 km).

Nous avons rencontré moins de monde que la veille, mais autant de magie et beauté.

Le sommet était moins froid et c’est là que nous avons pris une petite pause sous la tour.

Sur la descente, nous étions gâtés par des petites éclaircies et une vue vers le mont Sainte Cécile.

Les adieux

Nous nous sommes retrouvés heureux et fatigués à l’Accueil de la ZEC, autour de 15h30.

Trois mots pour résumer la fin de semaine?

Je dirais d’abord contemplation, pour les nombreux moments magiques à sentir la brume se retirer du Petit Gosford, à respirer la forêt si délicatement habillée en lichen de leur tour coiffé en givre et neige, à admirer un flocon si parfait sur une mitaine, à écouter le silence de la nuit en arrière-pays.

En deuxième, je choisirais convivialité-et-cure-de-rire (je sais ben c’est plus qu’un mot, mais permets-moi un nou-vocabulaire vu que ceci n’est pas une planche de Scrabble). Cure-de-rire pour les juristes au match de scrabble, pour la symphonie de ronflements au début de la nuit et pour les acrobaties de Lucie en crazy-carpet (très technique, dois-je dire en passant)!

Et en troisième, je choisirais un-goût de revenez-y, car le plein de plein air est simplement imbattable.

Merci à tous!

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